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Filigrane ChatGPT : ce que l’AI Act change pour vos textes

Illustration du filigrane invisible des textes produits par l’IA : à gauche, une puce d’IA en forme de cerveau émet une bulle de discussion et des feuillets de texte ; au centre, une loupe dorée révèle sur une page de texte des motifs géométriques pâles et des points colorés, dissimulés entre les lignes ; à droite, le cercle étoilé du drapeau européen, une balance de la justice et un bouclier transparent.

Depuis le 5 octobre 2026, c’est officiel : dans les prochaines semaines, les textes produits par ChatGPT et Codex dans l’Union européenne porteront un filigrane invisible. Personne ne le verra à la lecture, il n’identifie pas l’utilisateur, et aucun outil public ne permet aujourd’hui de le détecter. Il résiste aux retouches légères, beaucoup moins à une vraie réécriture. Surtout, il ne crée aucune obligation nouvelle pour la plupart des indépendants : l’AI Act sépare le marquage, qui incombe à OpenAI, de la mention « écrit avec l’IA », qui ne s’impose que dans des cas précis. Voici ce qui change, ce qui ne change pas, et les dates à retenir.


Le filigrane de ChatGPT en un coup d’œil

  • Annonce : 5 octobre 2026, déploiement « au cours des prochaines semaines » pour les utilisateurs éligibles de ChatGPT et Codex dans l’UE, sur toutes les formules [1] [2].
  • Hors UE : pas de filigrane par défaut. OpenAI ne fait pas du marquage du texte un réglage mondial « au lancement » [1].
  • API : filigrane disponible partout dans le monde, mais désactivé par défaut ; c’est au développeur de l’activer [1] [2].
  • Détecteur : réservé, pour l’instant, à des chercheurs et organisations expertes approuvés [1].
  • Base légale : l’article 50, paragraphe 2, de l’AI Act, applicable depuis le 2 août 2026, avec une échéance au 2 décembre 2026 pour les systèmes déjà sur le marché [6] [8].

Comment fonctionne le filigrane de ChatGPT ?

Le filigrane d’OpenAI, baptisé textGrain, ne cache rien dans le texte : ni caractère invisible, ni espace spéciale, ni métadonnée. Il agit au moment où le modèle choisit ses mots. Un modèle de langage écrit jeton après jeton (un mot ou un morceau de mot), en tirant chaque jeton parmi plusieurs candidats probables. textGrain oriente très légèrement ce tirage à l’aide de valeurs pseudo-aléatoires calculées à partir d’une clé secrète et des mots qui précèdent [3].

Un seul choix ne prouve rien. Des centaines de petits coups de pouce, mis bout à bout, forment en revanche un signal statistique qu’un détecteur peut repérer avec deux éléments seulement : le texte et la clé [1] [3]. Le rapport technique, cosigné par des chercheurs d’OpenAI, de l’université de Pennsylvanie et de Yale, le résume ainsi : le détecteur « ne nécessite que le texte généré et la clé secrète ». Un « budget d’entropie » fixe la part de hasard sacrifiée pour créer ce signal, afin d’éviter qu’une même consigne produise toujours la même réponse mot pour mot [2] [3].

Conséquence pratique : le filigrane survit au copier-coller, puisqu’il est dans les mots eux-mêmes [1]. Selon OpenAI, activer le filigrane ne dégrade pas sensiblement les performances du modèle [1]. Une étude indépendante publiée sur arXiv en septembre 2026 va dans le même sens pour la prose : l’effet mesuré d’un filigrane ne dépasse pas celui d’un simple changement de graine aléatoire [11].

Le filigrane permet-il de savoir qui a écrit le texte ?

Non. Le filigrane indique qu’un système d’OpenAI a produit ou retravaillé une partie d’un passage. Il ne dit ni qui l’a demandé, ni avec quelle consigne, ni dans quelle conversation : OpenAI précise qu’il n’identifie pas l’utilisateur [1]. Anthropic fait la même promesse pour Claude : son filigrane « ne porte aucune information d’identification et ne peut pas être relié à une personne, une organisation ou une conversation précise ».

Il ne mesure pas non plus la part de travail humain. Un texte entièrement généré et un texte écrit à la main puis largement remanié par ChatGPT peuvent porter le même signal. Anthropic le reconnaît pour son propre filigrane, qui ne distingue pas « Claude a écrit ceci » de « Claude a fortement retravaillé ceci » [4].

Reformuler un texte suffit-il à effacer le filigrane ?

Une reformulation légère, non ; une réécriture sérieuse, souvent oui. Les chiffres publiés par OpenAI, mesurés avec un détecteur réglé pour 1 % de faux positifs, montrent une détection fiable sur des textes longs et intacts, et un signal qui s’effondre dès qu’on remplace une part notable des mots [1] [2] :

Situation testée par OpenAITaux de détection
Passage de 400 jetons, intactenviron 95 %
Passage de 200 jetons, intactenviron 80 %
400 jetons, 10 % des mots remplacés par des synonymesde 92 % à 66 %
400 jetons, un quart des mots remplacés17 %
Textes traduits dans les 23 autres langues de l’UEde 42,2 % (roumain) à 69,0 % (espagnol)

Quatre cent jetons représentent environ trois cents mots en anglais, un peu moins en français. Les textes courts, les réponses mathématiques et les textes traduits sont plus difficiles à détecter, de l’aveu même d’OpenAI [1]. Pour les langues sous 60 % de détection, OpenAI dit avoir renforcé le signal grâce à un paramètre de force réglable [2]. Le code de bonnes pratiques européen exempte d’ailleurs de filigrane les textes très courts, de moins de 200 jetons [2].

Anthropic tient le même discours pour Claude : « une retouche légère n’effacera probablement pas complètement le filigrane ; une réécriture complète, où chaque mot est remplacé, le fera ». Les deux entreprises ajoutent la précaution qui compte le plus : l’absence de filigrane détecté ne prouve pas qu’un texte a été écrit par un humain [1]. Il peut venir d’un autre modèle, d’une version antérieure, d’un passage trop court ou d’une réécriture.

Peut-on savoir aujourd’hui si un texte vient de ChatGPT ?

Pas avec un outil public. Le détecteur d’OpenAI n’est ouvert, au départ, qu’à des chercheurs et des organisations expertes approuvés [1], parmi lesquels Cornell, l’ETH Zurich et l’institut slovaque KInIT [2]. OpenAI prévoit de publier textGrain en open source, sans date annoncée [2]. Le détecteur d’Anthropic est lui aussi en aperçu privé, limité aux régulateurs, forces de l’ordre, médias, chercheurs et entreprises qui doivent vérifier ces marques pour leur propre conformité [4].

Ce verrou est autorisé, à condition d’être levé pour certains publics. Le code de bonnes pratiques permet de restreindre l’accès au détecteur pour le texte libre, mais impose d’ouvrir un accès gratuit et encadré à plusieurs catégories, dont les autorités de surveillance, les médias, les vérificateurs de faits, les chercheurs indépendants et les établissements d’enseignement [2]. Un client, un recruteur ou un lecteur ordinaire n’en fait pas partie.

Et SynthID Detector, l’outil de Google ouvert à tous le 7 octobre 2026 ? Il vérifie si une image, une vidéo ou un fichier audio a été produit par l’IA de Google ou de ses partenaires, dont OpenAI, NVIDIA et Kakao [5]. Il est disponible dans le monde entier, en anglais, mais l’annonce ne mentionne pas le texte [5]. Pour savoir si un article ou un e-mail sort de ChatGPT, il n’existe donc pas, à ce jour, d’outil grand public fondé sur ce filigrane.

OpenAI (ChatGPT, Codex)Anthropic (Claude)Google (SynthID)
Texte filigranéOui, dans l’UEOui, partoutOui (SynthID Text, open source depuis 2024)
DateAnnoncé le 5 octobre 2026Annoncé le 14 août 2026—
PérimètreChatGPT et Codex ; API sur activation (désactivé par défaut)Modèles lancés après le 2 août 2026, les plus anciens dans les mois suivantsProduits Google
Détecteur de texte publicNon (chercheurs approuvés)Non (aperçu privé)Non : l’outil public couvre image, vidéo, audio

Anthropic a choisi d’appliquer le filigrane à tous ses utilisateurs, « parce que nous n’avons pas encore de moyen durable de le limiter par région », et pour les modèles lancés après le 2 août 2026, les plus anciens suivant pendant une période de transition [4]. OpenAI, lui, se limite à l’UE [1]. En 2024, le Wall Street Journal avait révélé qu’OpenAI avait déjà mis au point un filigrane de texte, sans le déployer, notamment par crainte de voir ses utilisateurs partir chez des concurrents qui n’en mettaient pas [1]. L’AI Act a tranché la question pour l’Europe.

Pourquoi l’Europe, et pourquoi maintenant ?

Parce que l’article 50 de l’AI Act l’exige. Son paragraphe 2 impose aux fournisseurs de systèmes d’IA générative de marquer leurs sorties « dans un format lisible par machine » et de les rendre « identifiables comme ayant été générées ou manipulées par une IA » [2] [6]. Cette obligation s’applique depuis le 2 août 2026 [8].

Le calendrier comporte une exception, ajoutée par le règlement (UE) 2026/1744, dit « omnibus », publié au Journal officiel le 24 juillet 2026 : les systèmes génératifs mis sur le marché avant le 2 août 2026 ont jusqu’au 2 décembre 2026 pour se conformer au paragraphe 2 [8]. Le considérant 38 parle d’une « période transitoire de quatre mois » [8]. C’est le cas de ChatGPT, d’où un déploiement annoncé « dans les prochaines semaines ».

Pour aider les entreprises à s’y conformer, la Commission a publié le 10 juin 2026 un code de bonnes pratiques sur les contenus générés par IA, en deux volets : le marquage et la détection côté fournisseurs, l’étiquetage côté utilisateurs professionnels [9]. Environ 190 organisations l’avaient signé fin juillet 2026 [9], dont OpenAI, Anthropic, Google, Meta et Microsoft [1]. L’adhésion au code est volontaire ; l’article 50, lui, est une obligation légale [9].

Dois-je signaler que mon texte a été écrit avec ChatGPT ?

Dans la plupart des cas, non, et le filigrane n’y change rien. L’AI Act distingue deux rôles. Le fournisseur (OpenAI) marque techniquement ses sorties : c’est le filigrane. Le déployeur, c’est-à-dire celui qui utilise l’outil dans un cadre professionnel, n’a d’obligation d’information que dans trois situations : les hypertrucages (deepfakes), la reconnaissance des émotions ou la catégorisation biométrique, et certains textes publiés [6].

Pour le texte, l’obligation du paragraphe 4 vise les textes générés ou manipulés par une IA et publiés dans le but d’informer le public sur des questions d’intérêt public [6] [9]. Et même là, elle tombe si deux conditions sont réunies : le contenu « a fait l’objet d’un processus d’examen humain ou de contrôle éditorial », et « une personne physique ou morale assume la responsabilité éditoriale de la publication ». Les lignes directrices de la Commission du 20 juillet 2026 lisent cette exception de façon stricte : l’examen humain doit être réel, pas une relecture de pure forme [10].

Concrètement, pour un indépendant :

  • Usage personnel : l’AI Act ne vous concerne pas comme déployeur. La définition exclut l’usage d’un système d’IA « dans le cadre d’une activité personnelle à caractère non professionnel ».
  • E-mails, propositions commerciales, documents internes : ce ne sont pas des textes publiés pour informer le public sur une question d’intérêt public. Le paragraphe 4 ne les vise pas.
  • Article de blog ou newsletter sur un sujet d’actualité : si vous relisez vraiment, vérifiez les faits et signez, l’exception du contrôle éditorial s’applique. Si vous publiez un texte généré sans le relire, la mention devient obligatoire.
  • Correction orthographique, reformulation légère : le paragraphe 2 dispense même le fournisseur de marquer les sorties d’un système qui remplit une fonction d’assistance pour la mise en forme standard, ou qui ne modifie pas substantiellement le texte fourni [6]. Un texte que vous avez écrit et que ChatGPT a seulement corrigé peut donc ne porter aucune marque, ou trop peu pour être détectée [4].

Cette lecture reste celle d’une non-juriste ; les lignes directrices de la Commission ne sont pas contraignantes, et seule la Cour de justice de l’UE peut trancher. Pour un usage à fort enjeu (presse, communication publique, secteur réglementé), un avis juridique s’impose.

Et si vous développez un produit sur l’API d’OpenAI ?

Là, la question se pose vraiment. Dans l’API, le filigrane est désactivé par défaut et s’active dans les réglages de l’organisation ou d’un projet (« Text provenance »), modèle par modèle ; ce n’est pas un paramètre d’appel [2]. ActuIA en tire une conséquence : une entreprise qui intègre l’API dans un outil génératif et laisse le réglage par défaut ne peut pas s’abriter derrière le filigrane d’OpenAI, et doit l’activer ou marquer elle-même ses sorties [2]. Les lignes directrices ne traitent pas explicitement ce cas [2].

Si vous vendez un outil qui génère du texte pour vos clients (rédaction, résumés, réponses automatiques), vous pouvez donc devenir vous-même fournisseur au sens de l’article 50. Le plus simple est d’activer le réglage dès maintenant, puisque le filigrane ne dégrade pas la qualité selon OpenAI [1]. Si vous utilisez l’API pour un traitement qui ne produit aucun contenu publié, comme le tri de réclamations testé avec l’API Decisions, la question du marquage ne se pose pas dans les mêmes termes.

Qui contrôlera, et que risque-t-on ?

Le manquement à l’article 50 relève du deuxième palier de sanctions de l’AI Act : jusqu’à 15 millions d’euros ou 3 % du chiffre d’affaires mondial annuel, le montant le plus élevé étant retenu ; pour les PME, c’est le plus faible des deux [8].

En France, les autorités compétentes ne sont pas encore désignées par la loi. Le schéma proposé par la Direction générale des entreprises en septembre 2025 confie le marquage des contenus et les hypertrucages à la DGCCRF et à l’Arcom, et les textes publiés pour informer le public à la seule Arcom [8]. Ce schéma dépend du projet de loi DDADUE, adopté par le Sénat le 18 février 2026 mais pas encore par l’Assemblée nationale au 6 octobre 2026 [8].

Ce que le filigrane ne résout pas

Trois limites méritent d’être gardées en tête. D’abord, personne ne peut vérifier de l’extérieur ce qu’affirment les fournisseurs : une équipe de chercheurs estime, dans une prépublication de septembre 2026, que cette « impossibilité de vérifier, plus que le filigrane lui-même, est le vrai défaut de gouvernance », et réclame des audits accrédités et une détection interopérable [11]. Ensuite, chaque fournisseur a sa clé et son détecteur : un texte écrit avec un modèle ouvert, exécuté en local, ne porte pas forcément de marque. Enfin, la détection reste probabiliste, avec des faux positifs fixés à 1 % dans les tests d’OpenAI [2] : sur des milliers de copies ou de candidatures, ce taux suffit à accuser à tort des gens.

D’où la règle d’usage à retenir : un filigrane détecté est un indice qu’un modèle a participé à l’écriture ; un filigrane absent n’est la preuve de rien.

Ce qu’il faut retenir

Le filigrane de ChatGPT est une obligation de fournisseur, pas un mouchard. Il sera invisible, ne vous identifie pas, ne peut pas être vérifié par vos clients aujourd’hui, et ne vous oblige à rien de plus qu’hier si vous relisez et signez ce que vous publiez. Les deux dates à noter : le 2 août 2026, entrée en application de l’article 50, et le 2 décembre 2026, échéance du marquage pour les outils déjà sur le marché comme ChatGPT. Si vous développez un outil sur l’API, c’est le moment de vérifier le réglage « Text provenance ».

Le filigrane répond à une question, « ce texte vient-il d’une IA ? ». Il ne dit rien de ce que deviennent vos conversations chez le fournisseur : c’est l’objet d’un autre article, sur ce qui peut finir chez la police quand on écrit à Claude ou à ChatGPT.

Et si votre question est plutôt « comment faire pour que les moteurs génératifs citent mon texte ? », c’est celle du guide du référencement génératif (GEO).

Questions fréquentes

ChatGPT met-il un filigrane sur les textes en France ?

Oui, ou plutôt bientôt. OpenAI a annoncé le 5 octobre 2026 un filigrane invisible pour les textes produits par ChatGPT et Codex dans l’Union européenne, déployé « au cours des prochaines semaines » sur toutes les formules. Hors de l’UE, il n’est pas activé par défaut. Dans l’API, il existe partout dans le monde mais reste désactivé tant que le développeur ne l’active pas.

Le filigrane de ChatGPT est-il visible ?

Non. Il ne s’agit ni d’un caractère caché, ni d’une métadonnée, mais d’un signal statistique logé dans le choix des mots : le modèle oriente très légèrement chaque tirage à l’aide d’une clé secrète. Le texte se lit normalement, et le signal survit au copier-coller. Seul un détecteur qui possède la clé peut le repérer.

Peut-on savoir si un texte a été écrit avec ChatGPT ?

Pas avec un outil public à ce jour. Le détecteur d’OpenAI est réservé à des chercheurs et organisations expertes approuvés, celui d’Anthropic est en aperçu privé. SynthID Detector, ouvert à tous par Google le 7 octobre 2026, vérifie les images, vidéos et fichiers audio, pas le texte. Et l’absence de filigrane ne prouve pas qu’un texte a été écrit par un humain.

Le filigrane de ChatGPT permet-il d’identifier l’utilisateur ?

Non. Il indique qu’un système d’OpenAI a produit ou retravaillé une partie du texte, sans dire qui l’a demandé, avec quelle consigne ni dans quelle conversation. Anthropic fait la même promesse pour Claude : son filigrane ne contient aucune information d’identification et ne peut être relié à une personne, une organisation ou une conversation.

Reformuler un texte supprime-t-il le filigrane ?

Une retouche légère, non ; une réécriture sérieuse, souvent oui. Selon OpenAI, remplacer 10 % des mots par des synonymes fait passer la détection d’environ 92 % à 66 % sur un passage de 400 jetons, et un quart des mots remplacés la fait tomber à 17 %. Les textes courts, traduits ou mathématiques sont aussi plus difficiles à détecter.

Dois-je signaler qu’un texte a été écrit avec l’IA ?

Rarement. L’article 50, paragraphe 4, de l’AI Act ne vise que les textes publiés pour informer le public sur des questions d’intérêt public, et il ne s’applique pas si le texte a fait l’objet d’un vrai contrôle humain et qu’une personne en assume la responsabilité éditoriale. Les e-mails, devis et documents internes ne sont pas concernés, ni l’usage purement personnel.

Claude met-il aussi un filigrane sur ses textes ?

Oui. Anthropic a annoncé le 14 août 2026 un filigrane dérivé de SynthID-Text, la méthode publiée par Google DeepMind, appliqué partout dans le monde aux modèles lancés après le 2 août 2026, les plus anciens suivant dans les mois suivants. Anthropic l’applique à tous ses utilisateurs, faute de moyen durable de le limiter à l’Europe.

Que se passe-t-il le 2 décembre 2026 ?

C’est l’échéance fixée par le règlement (UE) 2026/1744, dit « omnibus », pour les systèmes d’IA générative mis sur le marché avant le 2 août 2026 : ils doivent alors marquer leurs sorties dans un format lisible par machine, comme l’exige l’article 50, paragraphe 2, de l’AI Act. ChatGPT en fait partie, d’où le déploiement de son filigrane cet automne.

Sources

  1. OpenAI will start watermarking ChatGPT’s text in the EUTechCrunch

    Annonce du 5 octobre 2026 : ChatGPT et Codex dans l’UE sur toutes les formules, API désactivée par défaut, pas de réglage mondial au lancement, détecteur réservé, absence d’identification de l’utilisateur, 10 % de synonymes faisant passer la détection d’environ 92 % à 66 %, signataires du code de bonnes pratiques, et rappel de l’enquête du Wall Street Journal de 2024.

  2. OpenAI filigranera ChatGPT dans l’UE mais laisse l’API en optionActuIA

    Détail des chiffres publiés par OpenAI (95 % à 400 jetons, 80 % à 200 jetons, 17 % avec un quart des mots remplacés, 42,2 % à 69,0 % selon la langue, faux positifs à 1 %), réglage « Text provenance » de l’API, partenaires du détecteur, exemption sous 200 jetons et conditions d’accès prévues par le code de bonnes pratiques.

  3. textGrain: Entropy-Calibrated Watermarking for Language Model TextOpenAI, université de Pennsylvanie, université Yale

    Rapport technique du 5 octobre 2026 : couplage du choix des jetons à une clé secrète par transport optimal, budget d’entropie, détection à partir du seul texte et de la clé.

  4. How Claude’s text watermarking worksAnthropic

    Annonce du 14 août 2026, mise à jour le 1er septembre : filigrane dérivé de SynthID-Text, appliqué mondialement faute de moyen de le limiter par région, API de détection en aperçu privé, aucune information d’identification, résistance aux retouches légères mais pas à une réécriture complète.

  5. Google expands SynthID Detector for AI contentGoogle

    Ouverture au public le 7 octobre 2026, dans le monde entier et en anglais, d’un outil qui vérifie images, vidéos et fichiers audio produits par Google ou ses partenaires (OpenAI, NVIDIA, Kakao, bientôt Apple). Le texte n’est pas mentionné.

  6. Article 50 : Obligations de transparence pour les fournisseurs et les déployeurs de certains systèmes d’IACommission européenne (AI Act Service Desk)

    Texte consolidé au 27 juillet 2026 : marquage lisible par machine à la charge des fournisseurs (paragraphe 2) et son exception pour les fonctions d’assistance, obligations des déployeurs (paragraphes 3 et 4) et exception du contrôle éditorial humain pour les textes d’intérêt public.

  7. Article 3 : DéfinitionsCommission européenne (AI Act Service Desk)

    Définition du « déployeur », qui exclut l’utilisation d’un système d’IA dans le cadre d’une activité personnelle à caractère non professionnel.

  8. AI Act : obligations en vigueur et reports de l’omnibus 2026/1744ActuIA

    Calendrier au 6 octobre 2026 : article 50 applicable depuis le 2 août 2026, échéance du 2 décembre 2026 pour le marquage des systèmes déjà sur le marché (considérant 38), sanctions de l’article 99, autorités françaises proposées par la DGE (DGCCRF, Arcom) et état du projet de loi DDADUE.

  9. Code of Practice on Transparency of AI-generated ContentCommission européenne

    Code publié le 10 juin 2026, en deux volets (fournisseurs, déployeurs), signé par environ 190 organisations fin juillet 2026 ; adhésion volontaire, alors que l’article 50 est une obligation légale.

  10. AI Transparency: European Commission’s Guidelines on Article 50 – Part 2 (Deployer Obligations)McCann FitzGerald

    Analyse des lignes directrices finales du 20 juillet 2026 sur l’article 50 : l’exception du paragraphe 4 suppose un examen humain réel ou un contrôle éditorial, et une personne qui assume la responsabilité de la publication.

  11. Watermarks Without Verification: AI Text Watermarking After the EU AI ActarXiv (Nemecek, Chaudhary, Ayday)

    Prépublication du 9 septembre 2026 : effet du filigrane sur la prose non supérieur à un changement de graine, et constat que les affirmations des fournisseurs sont aujourd’hui invérifiables, ce que les auteurs désignent comme le vrai défaut de gouvernance.

Chiffres et affirmations vérifiés sur ces sources le .

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